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Prier pour les autres : est-ce que cela fonctionne vraiment ? Ce que disent la spiritualité et la science

Prier pour quelqu’un. Souhaiter profondément qu’une personne guérisse. Demander qu’un proche retrouve le bonheur. Souhaiter sincèrement la réussite et l’abondance à quelqu’un. Prier pour un animal malade ou abandonné. Prier pour la Terre lorsqu’elle souffre de sécheresse ou de canicule, pour la nature, pour les forêts, pour que les écosystèmes puissent se régénérer.

Prier aussi pour celui ou celle qui souffre d’une injustice, pour une victime qui cherche à être entendue, pour qu’elle trouve la force de tenir, qu’elle soit soutenue, protégée et que la vérité puisse finalement être établie.

Et parfois, simplement, penser quelques secondes à une personne que nous ne connaissons même pas et lui souhaiter sincèrement du bien.

Est-ce que cela sert réellement à quelque chose ?

La question mérite mieux qu’un simple « oui » ou « non ».

La science s’est réellement intéressée à la prière. Des chercheurs ont même réalisé des expériences contrôlées sur ce que l’on appelle la prière d’intercession, c’est-à-dire le fait de prier pour une autre personne.

Les résultats sont nuancés : certaines expériences ont observé des différences, tandis que d’autres études, parfois beaucoup plus importantes, n’ont pas retrouvé d’effet médical significatif. Les grandes analyses scientifiques ne permettent donc pas aujourd’hui d’affirmer qu’une prière à distance peut, à elle seule, provoquer une guérison.

Mais cela ne signifie absolument pas que prier, aimer, espérer et souhaiter sincèrement du bien à quelqu’un ne valent rien.

Et il existe quelque chose que la science peut difficilement enfermer dans un chiffre :

l’intention du cœur.


Qu’est-ce que prier pour les autres ?

Prier pour quelqu’un ne nécessite pas forcément de connaître une longue prière.

Une intention peut être extrêmement simple :

« Je souhaite de tout mon cœur que cette personne guérisse. »

« Je souhaite qu’elle retrouve le bonheur. »

« Je souhaite qu’elle réussisse. »

« Je souhaite qu’elle connaisse l’abondance. »

« Je souhaite que cet animal soit protégé et soigné. »

« Je souhaite que cette personne trouve la force de surmonter ce qu’elle traverse. »

« Je souhaite que la vérité puisse être reconnue. »

Quelques secondes peuvent suffire.

Parce qu’au-delà des mots, il existe quelque chose de fondamental :

pourquoi êtes-vous en train de prier ?

Est-ce une récitation mécanique ?

Ou ressentez-vous réellement :

« Du fond de mon cœur, je souhaite du bien à cet être. »

C’est là que se trouve toute la question de l’intention.


La science a réellement étudié la prière pour les autres

Cela peut surprendre, mais des chercheurs ont tenté de mesurer les effets de la prière d’intercession dans des protocoles scientifiques.

L’expérience de William S. Harris : 990 patients

En 1999, William S. Harris et ses collègues ont publié dans les Archives of Internal Medicine une étude randomisée portant sur 990 patients hospitalisés en unité de soins coronariens.

Une partie des patients faisait l’objet de prières à distance. Les patients eux-mêmes ne savaient pas s’ils appartenaient ou non à ce groupe.

Les chercheurs ont observé un résultat statistiquement plus favorable pour le groupe faisant l’objet de prières sur l’un des scores globaux utilisés pour évaluer leur évolution. En revanche, d’autres mesures, notamment la durée d’hospitalisation, n’étaient pas significativement différentes.

Cette expérience a naturellement suscité beaucoup d’intérêt.

Mais une expérience scientifique, même positive, ne suffit jamais à établir définitivement l’existence d’un phénomène. Les résultats doivent pouvoir être reproduits et confrontés à d’autres études.


L’expérience STEP : 1 802 patients

Une étude de bien plus grande ampleur a ensuite été publiée en 2006 dans l’American Heart Journal.

Il s’agit de STEP – Study of the Therapeutic Effects of Intercessory Prayer, menée notamment par Herbert Benson et ses collègues.

Elle concernait 1 802 patients devant subir un pontage coronarien dans six hôpitaux américains.

Certains patients recevaient des prières sans savoir avec certitude s’ils en recevaient. Un autre groupe savait avec certitude que des personnes priaient pour lui.

Cette fois, les chercheurs n’ont pas constaté que la prière d’intercession réduisait les complications médicales.

Et les patients qui savaient avec certitude que l’on priait pour eux n’ont pas obtenu de meilleurs résultats.

Cette expérience nous apprend quelque chose d’essentiel :

une étude scientifique peut tester un résultat médical mesurable. Elle ne peut pas tester l’existence de Dieu, ni déterminer la valeur spirituelle d’une prière.


Que concluent les grandes analyses scientifiques ?

La Cochrane Collaboration, connue pour ses revues systématiques des recherches médicales, a analysé 10 essais randomisés regroupant 7 646 personnes.

Globalement, la revue n’a pas trouvé d’effet clair de la prière d’intercession sur la mortalité, l’état clinique général ou certaines réhospitalisations. Ses auteurs qualifiaient les résultats disponibles d’équivoques : quelques études individuelles suggéraient un bénéfice, mais la majorité ne permettait pas de conclure à un effet.

Une autre revue et méta-analyse publiée en 2007 par Kevin S. Masters et Glen I. Spielmans soulignait elle aussi que les preuves scientifiques disponibles concernant prière et santé restaient limitées.

Il faut donc être très clair :

la science n’a pas démontré qu’une prière à distance pouvait provoquer une guérison.

Mais attention à une confusion très fréquente :

« La science ne l’a pas démontré » ne signifie pas « la science a démontré que cela ne sert à rien ».

Ce sont deux affirmations complètement différentes.


Et que se passe-t-il chez celui qui prie ?

C’est peut-être ici que la question devient encore plus intéressante.

Au lieu de demander uniquement :

« Est-ce que ma prière agit à distance sur quelqu’un ? »

nous pouvons également demander :

« Qu’est-ce que le fait de prier avec bienveillance produit en moi ? »

Des recherches se sont intéressées aux relations entre la prière personnelle et différents aspects psychologiques. Une revue publiée en 2016 a examiné 41 études observationnelles consacrées à la prière personnelle et à différents indicateurs de santé. Il faut rester prudent : une association statistique ne démontre pas nécessairement qu’une pratique en est directement la cause.

Plus récemment, les neurosciences se sont également intéressées à ce qui se passe dans le cerveau pendant la prière. Une revue systématique publiée en 2025 dans Frontiers in Psychology a examiné 44 travaux portant sur la prière chrétienne ou les mécanismes cérébraux de l’attachement. Treize études de neuro-imagerie concernaient spécifiquement la prière. Les auteurs ont notamment observé des convergences avec des réseaux cérébraux impliqués dans la cognition sociale et notre capacité à nous représenter mentalement autrui.

Cela ne démontre évidemment pas qu’une pensée est « envoyée » physiquement à quelqu’un.

Mais cela confirme une chose :

prier est loin d’être une activité intérieure vide.

Notre attention, nos émotions, notre représentation des autres et notre vie intérieure sont réellement engagées.


Et l’intention du cœur ?

Voilà probablement le centre de tout cet article.

Deux personnes peuvent prononcer exactement la même prière.

L’une peut réciter les mots machinalement.

L’autre peut fermer les yeux et ressentir profondément :

« Je souhaite vraiment que cette personne aille bien. »

Les paroles sont identiques.

L’intention ne l’est pas.

Et comment la mesurer ?

La science sait mesurer une tension artérielle.

Elle sait observer certaines zones cérébrales.

Elle sait mesurer des hormones.

Elle sait comparer statistiquement deux groupes.

Mais quel appareil mesure l’amour contenu dans une intention ?

Comment mesurer la compassion d’une mère qui prie pour son enfant ?

Comment quantifier l’intention d’une personne qui souhaite la guérison d’un inconnu ?

Comment mesurer ce que ressent quelqu’un qui regarde un animal souffrir et pense sincèrement :

« J’espère de tout mon cœur que tu vas être sauvé. »

Nous pouvons étudier certains mécanismes cérébraux associés à la prière.

Nous ne savons pas attribuer une unité de mesure à l’amour d’un cœur.


Ne sous-estimez jamais la puissance de votre intention

Voilà le message essentiel.

Ne sous-estimez jamais votre intention.

Et ne sous-estimez pas non plus votre propre puissance intérieure.

Il ne s’agit pas de prétendre que nous possédons un pouvoir magique permettant de contrôler les événements, de commander à la nature ou de décider de la guérison d’une autre personne.

Il s’agit d’une autre puissance.

La puissance de choisir ce que nous nourrissons.

Vous pouvez regarder quelqu’un réussir et ressentir de la jalousie.

Ou penser :

« Je suis heureux pour lui. Qu’il réussisse encore davantage. »

Vous pouvez voir quelqu’un rencontrer l’amour et vous demander pourquoi cela ne vous arrive pas.

Ou penser :

« Que cet amour lui apporte énormément de bonheur. Et que moi aussi, lorsque le moment viendra, je puisse rencontrer le mien. »

Vous pouvez voir quelqu’un gagner beaucoup d’argent et penser :

« Pourquoi lui ? »

Ou :

« Tant mieux pour lui. Qu’il profite de cette abondance, qu’il en fasse quelque chose de bon et que moi aussi je puisse connaître la prospérité qui me correspond. »

Pourquoi aurions-nous peur de souhaiter aux autres d’être heureux ?

Pourquoi aurions-nous peur de souhaiter aux autres de réussir ?

Pourquoi aurions-nous peur de souhaiter à quelqu’un d’être riche ?

Le bonheur d’une autre personne ne retire rien au vôtre.

La réussite de quelqu’un ne diminue pas vos propres possibilités.

L’amour reçu par quelqu’un d’autre ne diminue pas l’amour disponible pour vous.


Prier pour la guérison

Lorsqu’une personne est malade, il est naturel de souhaiter qu’elle guérisse.

Nous pouvons prier :

« Que cette personne retrouve la santé. Qu’elle reçoive les meilleurs soins. Qu’elle trouve la force de traverser cette épreuve et que son corps puisse récupérer. »

La prière ne doit évidemment jamais remplacer les soins médicaux.

Mais pourquoi faudrait-il s’interdire de souhaiter profondément la guérison d’un autre être humain simplement parce que nous ne pouvons pas scientifiquement mesurer l’effet de cette intention ?

Nous pouvons soigner avec la médecine et accompagner avec l’amour.

Les deux ne sont pas ennemis.


Prier pour le bonheur, la réussite et l’abondance

Nous pensons souvent à la prière lorsqu’un malheur survient.

Mais pourquoi attendre que quelqu’un souffre ?

Prions aussi lorsque tout va bien.

Souhaitons à quelqu’un :

d’être heureux ;

de rencontrer l’amour ;

de réussir son projet ;

de trouver sa voie ;

de gagner suffisamment d’argent pour vivre confortablement ;

de connaître l’abondance ;

de pouvoir réaliser ses rêves.

Être capable de souhaiter sincèrement la réussite d’un autre sans ressentir qu’elle nous enlève quelque chose est peut-être déjà une très belle forme de liberté intérieure.


Prier pour les animaux

Notre compassion ne doit pas s’arrêter aux êtres humains.

Nous pouvons prier pour notre propre animal lorsqu’il est malade.

Pour ceux qui ont été abandonnés.

Pour les animaux maltraités.

Pour ceux qui attendent dans les refuges.

Pour les espèces menacées.

Pour les animaux sauvages confrontés à la sécheresse, aux incendies ou à la disparition de leur habitat.

Nous pouvons simplement penser :

« Que les animaux soient davantage protégés, respectés, soignés et aimés. »

Et surtout, lorsqu’une intention peut devenir une action, faisons-le.

Une prière peut nous pousser à aider un refuge, adopter plutôt qu’acheter, protéger un animal, donner quelques euros, mettre de l’eau dehors pendant une période de forte chaleur ou simplement être davantage attentif au vivant.

L’intention devient alors action.


Prier pour la Terre et sa régénération

Nous pouvons également porter notre intention vers notre planète.

Lorsqu’une canicule s’installe.

Lorsque la sécheresse dure.

Lorsque les sols souffrent.

Lorsque les forêts brûlent.

Lorsque l’eau manque.

Lorsque des écosystèmes sont fragilisés.

Nous pouvons souhaiter :

« Que notre Terre puisse se régénérer. Que la pluie revienne là où elle est nécessaire. Que les forêts puissent renaître. Que les océans soient davantage protégés. Que les animaux retrouvent des habitats sûrs. Que l’être humain apprenne à prendre soin du monde dont il dépend. »

Évidemment, une prière ne remplace pas les comportements responsables ou les politiques environnementales.

Mais une intention peut modifier notre propre manière d’agir.

Et c’est déjà concret.


Prier pour les victimes et ceux qui souffrent de l’injustice humaine

Il existe aussi des souffrances particulièrement difficiles.

Celles de personnes qui ont été victimes et qui ont ensuite le sentiment que la justice humaine ne les entend pas, ne les protège pas suffisamment ou ne fait pas correctement son travail.

Pensons aux victimes d’abus sexuels et de pédocriminalité.

Aux victimes de violences.

Aux personnes ayant vécu sous l’emprise d’un manipulateur ou d’une personnalité profondément destructrice.

Aux victimes de violences psychologiques.

À celles et ceux qui ont été humiliés, menacés, isolés, manipulés ou détruits psychologiquement.

Aux personnes qui essaient depuis des mois ou des années de faire reconnaître ce qu’elles ont vécu.

Certaines souffrent une première fois à cause de ce qu’elles ont subi.

Puis elles peuvent souffrir une seconde fois lorsqu’elles ont le sentiment de ne pas être crues ou suffisamment entendues.

Alors prions aussi pour elles.

Qu’elles trouvent la force de tenir.

Qu’elles soient entourées.

Qu’elles rencontrent les bonnes personnes.

Qu’elles soient protégées.

Qu’elles retrouvent progressivement confiance en elles.

Qu’elles puissent devenir fortes sans être obligées de devenir insensibles.

Qu’elles trouvent cette capacité extraordinaire qu’est la résilience : non pas oublier ce qui s’est passé, mais parvenir à reconstruire une existence qui ne soit plus entièrement définie par ce qu’elles ont subi.

Et souhaitons également :

que les faits puissent être établis ;

que les preuves soient examinées sérieusement ;

que la parole des victimes soit entendue ;

que les personnes vulnérables soient protégées ;

que la vérité puisse ressortir ;

et que la justice puisse accomplir sa mission avec sérieux, indépendance et impartialité.

Prier pour la justice ne signifie pas souhaiter la vengeance.

Il existe une immense différence entre demander que quelqu’un soit détruit et souhaiter que la vérité soit établie et que chacun réponde de ses actes conformément à la loi.

Nous pouvons donc prier :

« Que celui qui souffre d’une injustice trouve la force de continuer. Qu’il soit soutenu et protégé. Que celui qui a peur de parler rencontre quelqu’un capable de l’entendre. Que les personnes sous emprise puissent retrouver leur liberté. Que les enfants et les personnes vulnérables soient protégés. Que les faits soient examinés avec sérieux. Que la vérité puisse être reconnue. Et que la justice humaine ait la force, l’intégrité et l’indépendance nécessaires pour accomplir correctement sa mission. »


Ce que nous souhaitons aux autres revient-il vers nous ?

De nombreuses traditions spirituelles et philosophiques enseignent, sous différentes formes, que ce que nous envoyons vers les autres finit par nous revenir.

Scientifiquement, nous ne pouvons pas présenter cela comme une loi physique démontrée.

Mais psychologiquement, une réalité mérite réflexion.

Si vous passez votre existence à nourrir la haine, vous êtes la première personne obligée de vivre quotidiennement avec cette haine.

Si vous entretenez constamment la jalousie, vous vivez dans la jalousie.

Si vous souhaitez continuellement l’échec des autres, votre esprit reste enfermé dans la comparaison.

À l’inverse, si vous apprenez à ressentir sincèrement de la joie lorsque quelqu’un est heureux, vous multipliez aussi les occasions de ressentir de la joie.

Ce que nous souhaitons aux autres participe donc également à ce que nous construisons en nous.

Posez-vous parfois cette question :

« Est-ce que j’accepterais que l’intention que je dirige actuellement vers cette personne soit également dirigée vers moi ? »

La réponse peut nous apprendre énormément sur nous-mêmes.


« Mais qui suis-je ? Ma prière ne compte pas »

C’est probablement l’une des idées que cet article aimerait le plus faire disparaître.

« Qui suis-je pour prier ? »

« Je ne suis personne. »

« Ma petite intention ne changera rien. »

« Je ne suis pas assez puissant. »

Pourquoi faudrait-il être puissant pour aimer ?

Pourquoi faudrait-il posséder un statut particulier pour éprouver de la compassion ?

Vous n’avez pas besoin d’être prêtre.

Vous n’avez pas besoin d’être religieuse.

Vous n’avez pas besoin d’être médium.

Vous n’avez pas besoin d’être guérisseur.

Vous n’avez pas besoin d’être un maître spirituel.

Vous êtes un être humain capable d’amour.

Ne sous-estimez jamais cela.

Votre puissance ne consiste peut-être pas à contrôler ce qui va arriver.

Elle réside dans la qualité de ce que vous choisissez de mettre dans le monde à travers vos pensées, vos paroles et vos actions.


Faites-le chaque fois que vous en avez l’occasion

Vous apprenez qu’une personne est malade ?

Souhaitez-lui la guérison.

Quelqu’un lance un projet ?

Souhaitez-lui de réussir.

Une personne rencontre enfin l’amour ?

Soyez heureux pour elle.

Quelqu’un connaît une réussite financière ?

Souhaitez-lui d’en profiter et d’en faire quelque chose de bon.

Une personne traverse une injustice ?

Souhaitez-lui force, protection, soutien et vérité.

Un animal souffre ?

Souhaitez qu’il soit protégé et, lorsque vous le pouvez, agissez.

La Terre traverse une période de chaleur ou de sécheresse ?

Ayez une pensée pour elle, pour les personnes, les animaux et la végétation qui en souffrent.

Chaque fois que la vie vous donne l’occasion de souhaiter sincèrement du bien :

faites-le.


Une prière universelle

Prenez quelques secondes.

Vous n’avez besoin de rien d’autre que votre intention.

Que les personnes malades reçoivent les meilleurs soins et puissent retrouver la santé.

Que ceux qui souffrent trouvent du soutien et de l’apaisement.

Que ceux qui cherchent l’amour puissent le rencontrer.

Que ceux qui travaillent pour réussir voient leurs efforts récompensés.

Que ceux qui vivent dans les difficultés financières retrouvent la sécurité et l’abondance.

Que ceux qui connaissent la réussite puissent en profiter et, lorsqu’ils le souhaitent, la partager.

Que les animaux soient protégés, respectés et aimés.

Que notre Terre puisse respirer et se régénérer.

Que les régions touchées par la chaleur et la sécheresse retrouvent leur équilibre.

Que les victimes d’abus, de violences, d’emprise et de manipulation puissent être protégées et reconstruire leur vie.

Que ceux qui se battent pour faire reconnaître une injustice trouvent la force, le soutien et la résilience nécessaires pour continuer.

Que les enfants et toutes les personnes vulnérables soient protégés.

Que ceux qui ont peur de parler rencontrent quelqu’un capable de les entendre.

Que les faits puissent être établis, que les preuves soient examinées et que la vérité puisse être reconnue.

Que la justice humaine sache également reconnaître ses erreurs et accomplir sa mission avec sérieux, impartialité et humanité.

Que ceux que j’aime soient heureux.

Que ceux que je ne connais pas puissent l’être également.

Que je sois capable de me réjouir sincèrement du bonheur des autres.

Et que je n’oublie jamais que souhaiter du bien à quelqu’un ne retire absolument rien au bien que je peux moi-même recevoir.


Alors, est-ce que prier pour les autres fonctionne vraiment ?

La réponse la plus sérieuse respecte à la fois la science et la spiritualité.

Scientifiquement, certaines expériences sur la prière d’intercession ont observé des résultats intéressants. D’autres, notamment la grande étude STEP, n’ont pas démontré de bénéfice médical. Les grandes revues scientifiques ne permettent donc pas aujourd’hui d’affirmer qu’une prière à distance provoque directement une guérison.

Psychologiquement et neurologiquement, nous savons en revanche que la prière constitue une véritable activité intérieure, impliquant notamment des processus émotionnels, cognitifs et sociaux.

Spirituellement, chacun reste libre de croire que l’intention possède une portée qui dépasse ce que nos instruments sont aujourd’hui capables de mesurer.

Ces trois niveaux ne doivent pas être confondus.

Et peut-être pouvons-nous conserver une question ouverte.

Et si nous ne connaissions tout simplement pas encore toute la portée d’une intention profondément bienveillante ?

Nous n’avons pas besoin d’inventer une preuve scientifique pour donner de la valeur à l’amour.

Nous pouvons simplement reconnaître ce que nous savons et rester humbles devant ce que nous ne savons pas encore.

Alors ne sous-estimez jamais la puissance de votre intention.

Ne sous-estimez jamais la puissance de votre cœur.

Et surtout :

ne vous sous-estimez jamais vous-même.

Chaque fois que vous en avez l’occasion, souhaitez du bien.

À celui que vous aimez.

À celui que vous ne connaissez pas.

À celui qui souffre.

À celui qui réussit.

À celui qui cherche encore son chemin.

À la personne malade.

À la victime qui essaie de se reconstruire.

À l’animal qui a besoin d’être protégé.

À la nature.

À notre Terre.

Parce qu’une intention profondément bienveillante commence toujours quelque part.

Dans un cœur humain.

Et ce cœur peut être le vôtre.

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Références scientifiques

Harris W.S., Gowda M., Kolb J.W. et al. (1999). A randomized, controlled trial of the effects of remote, intercessory prayer on outcomes in patients admitted to the coronary care unit. Archives of Internal Medicine, 159(19), 2273–2278. DOI : 10.1001/archinte.159.19.2273. Étude randomisée consacrée à la prière d’intercession chez des patients hospitalisés en unité coronarienne.

Benson H., Dusek J.A., Sherwood J.B. et al. (2006). Study of the Therapeutic Effects of Intercessory Prayer (STEP) in cardiac bypass patients. American Heart Journal, 151(4), 934–942. DOI : 10.1016/j.ahj.2005.05.028. Étude multicentrique portant sur 1 802 patients.

Roberts L., Ahmed I., Davison A. (2009). Intercessory prayer for the alleviation of ill health. Cochrane Database of Systematic Reviews, CD000368. DOI : 10.1002/14651858.CD000368.pub3. Revue de 10 essais randomisés regroupant 7 646 personnes ; les auteurs concluent à des résultats globalement équivoques, la majorité des résultats ne montrant pas d’effet clair.

Masters K.S., Spielmans G.I. (2007). Prayer and health: review, meta-analysis, and research agenda. Journal of Behavioral Medicine, 30(4), 329–338. DOI : 10.1007/s10865-007-9106-7. Les auteurs soulignent les limites des preuves empiriques disponibles concernant prière et santé.

Anderson J.W., Nunnelley P.A. (2016). Private prayer associations with depression, anxiety and other health conditions: an analytical review of clinical studies. Postgraduate Medicine, 128(7), 635–641. DOI : 10.1080/00325481.2016.1209962. Revue analytique de 41 études observationnelles sur la prière personnelle et différents indicateurs de santé.

Haverkamp E., Olsman E., Ćurčić-Blake B. et al. (2025). The convergent neuroscience of Christian prayer and attachment relationships in the context of mental health: a systematic review. Frontiers in Psychology, 16:1569514. DOI : 10.3389/fpsyg.2025.1569514. Cette revue systématique a retenu 44 travaux ; 13 études de neuro-imagerie portaient spécifiquement sur la prière et suggèrent notamment l’implication de réseaux associés à la cognition sociale.

À retenir

La science peut étudier certains effets médicaux, psychologiques ou cérébraux associés à la prière. Elle peut tester certaines hypothèses concernant la prière d’intercession. Mais elle ne dispose pas d’un instrument permettant de mesurer directement la sincérité, la compassion ou “l’amour du cœur”.

C’est pourquoi il est important de ne pas opposer artificiellement science et spiritualité.

La science nous aide à distinguer ce que nous pouvons démontrer de ce que nous ne pouvons pas encore démontrer. La spiritualité, elle, nous invite aussi à nous demander ce que nous choisissons de porter dans notre cœur.