Et si notre mal-être ne venait pas seulement de nous… mais aussi du décalage immense entre le monde dans lequel nous avons grandi et celui dans lequel nous vivons aujourd’hui ?
Il existe une forme de nostalgie qui n’est pas simplement le regret de notre jeunesse.
Beaucoup de personnes disent aujourd’hui :
« Je ne me reconnais plus dans ce monde. »
« Tout va trop vite. »
« Les relations ne sont plus les mêmes. »
« Les gens sont devenus froids. »
« J’ai l’impression de ne plus être à ma place. »
Et si, derrière ces phrases, se cachait un véritable choc entre deux époques ?
Nous avons grandi avec des codes qui ont changé extrêmement vite
Selon notre génération, nous avons été élevés avec certaines valeurs qui paraissaient presque évidentes.
Dire bonjour.
Dire merci.
Respecter les personnes âgées.
Passer voir quelqu’un simplement parce qu’on se trouvait dans le quartier.
Boire un café ensemble sans avoir besoin de prévoir cela trois semaines à l’avance.
Téléphoner pour prendre des nouvelles.
Discuter avec ses voisins.
Partager un repas sans regarder constamment son téléphone.
Bien entendu, le passé n’était pas parfait. Il serait faux de l’idéaliser : il existait aussi de nombreux problèmes, des injustices et des souffrances dont on parlait parfois beaucoup moins.
Mais notre manière de créer du lien était différente.
Aujourd’hui, il devient parfois presque étrange de sonner spontanément chez quelqu’un.
Il faut envoyer un message :
« Tu es chez toi ? »
« Je peux passer ? »
« Tu es disponible ? »
Puis fixer une heure.
Puis confirmer.
Et parfois reporter.
Nous n’avons jamais disposé d’autant de moyens pour communiquer et pourtant, beaucoup de personnes éprouvent une profonde solitude.
Le paradoxe de notre époque : connectés à tout, proches de moins en moins de monde
Nous pouvons envoyer un message à l’autre bout de la planète en quelques secondes.
Nous pouvons connaître la vie de centaines de personnes grâce aux réseaux sociaux.
Nous pouvons travailler, acheter, manger, nous divertir et parfois même rencontrer l’amour sans sortir de chez nous.
Mais quelque chose s’est progressivement raréfié : la présence réelle.
Regarder quelqu’un.
L’écouter sans consulter son téléphone.
Passer deux heures autour d’un café sans avoir besoin de produire quelque chose.
Rendre visite simplement pour le plaisir.
Prendre des nouvelles sans raison particulière.
Psychologiquement, ce changement peut être difficile à vivre, particulièrement lorsque nous avons été construits avec d’autres repères.
Notre cerveau s’est adapté à une société extrêmement rapide, mais nos besoins émotionnels fondamentaux n’ont pas disparu.
Nous avons toujours besoin d’appartenance, de sécurité, de reconnaissance, d’affection, de liens stables et de sens.
Ce n’est peut-être pas votre vie que vous rejetez : c’est le rythme du monde qui ne vous correspond plus
Voilà une distinction importante.
Certaines personnes pensent :
« Je ne suis plus heureuse. »
Alors qu’au fond, leur véritable sentiment pourrait être :
« Je ne suis plus heureuse dans cette manière de vivre. »
Ce n’est absolument pas la même chose.
On peut aimer la vie et ne plus aimer la vitesse à laquelle elle nous demande de la vivre.
On peut aimer les autres et souffrir de relations devenues trop superficielles.
On peut aimer son époque pour ses progrès extraordinaires tout en regrettant certaines valeurs humaines qui se perdent.
Ce conflit intérieur peut créer une fatigue particulière : nous essayons constamment de nous adapter à quelque chose qui ne correspond pas totalement à notre fonctionnement profond.
Pourquoi avons-nous l’impression que le temps passe de plus en plus vite ?
Cette sensation est extrêmement répandue.
Les semaines deviennent des mois. Les mois deviennent des années.
On se surprend à dire :
« Mais nous étions déjà lundi hier ! »
Psychologiquement, plusieurs mécanismes peuvent contribuer à cette impression.
Lorsque nous étions enfants, énormément d’expériences étaient nouvelles. Notre cerveau enregistrait une multitude de détails. À l’âge adulte, beaucoup d’événements deviennent répétitifs et sont davantage automatisés.
À cela s’ajoute notre époque : notifications, informations permanentes, écrans, obligations, sollicitations multiples et passage constant d’une activité à une autre.
Notre attention est fragmentée.
Et lorsque nous sommes moins présents à ce que nous vivons, nous pouvons avoir l’impression que le temps nous échappe.
Et sur le plan spirituel ?
Certaines personnes ressentent autre chose.
Elles parlent d’une accélération énergétique, comme si notre perception du temps, des événements et des changements s’intensifiait.
À ce jour, rien ne permet d’affirmer scientifiquement que le temps physique sur Terre accélère réellement de cette manière.
Mais le ressenti, lui, peut être profondément réel.
Spirituellement, on peut choisir de considérer cette sensation comme une invitation : plus le monde semble accélérer, plus nous devons apprendre volontairement à ralentir intérieurement.
Car nous ne contrôlons peut-être pas la vitesse du monde.
Mais nous pouvons encore choisir la vitesse de notre âme.
EXERCICE 1 — Retrouvez les valeurs qui vous manquent
Prenez une feuille.
Écrivez :
« Lorsque j’étais enfant ou plus jeune, qu’est-ce qui rendait la vie plus humaine à mes yeux ? »
Notez cinq choses.
Par exemple :
La convivialité.
Les repas en famille.
La politesse.
Les visites improvisées.
L’entraide entre voisins.
Puis posez-vous cette question essentielle :
« Parmi ces valeurs, lesquelles puis-je remettre moi-même dans ma vie aujourd’hui ? »
Ne cherchez pas à changer le monde entier.
Commencez par votre monde.
EXERCICE 2 — Les 20 minutes hors du temps
Chaque jour, accordez-vous vingt minutes sans téléphone, télévision ni ordinateur.
Buvez votre café.
Regardez dehors.
Écoutez de la musique.
Marchez.
Regardez votre animal.
Parlez réellement avec quelqu’un.
Pendant ces vingt minutes, ne cherchez rien à accomplir.
Votre seule mission est :
être là.
Cet exercice entraîne progressivement le cerveau à retrouver une perception plus dense du moment présent.
EXERCICE 3 — Réintroduisez l’humain
Une fois par semaine, réalisez volontairement une action que notre époque nous pousse parfois à oublier.
Appelez quelqu’un plutôt que de lui écrire.
Proposez un café.
Invitez quelqu’un simplement.
Prenez des nouvelles d’une personne âgée.
Discutez quelques minutes avec un voisin.
Envoyez un message à quelqu’un uniquement pour lui dire :
« Je pensais à toi. Comment vas-tu vraiment ? »
Nous attendons parfois que le monde redevienne humain alors que nous pouvons déjà remettre nous-mêmes un peu d’humanité autour de nous.
EXERCICE SPIRITUEL — « Je reprends mon propre rythme »
Le soir, fermez les yeux.
Posez une main sur votre cœur.
Respirez lentement trois fois.
Imaginez autour de vous le monde qui court : voitures, téléphones, messages, obligations, informations, personnes pressées…
Puis visualisez tout cela qui continue à avancer tandis que vous restez parfaitement immobile au centre.
Répétez intérieurement :
« Je n’ai pas besoin de courir à la vitesse du monde.
Je choisis ce qui mérite mon temps.
Je protège mon énergie.
Je reviens au présent.
Je construis autour de moi le monde dans lequel j’ai envie de vivre. »
Restez quelques instants dans cette sensation.
Nous ne retrouverons probablement pas le monde d’avant — mais nous pouvons préserver ce qu’il avait de précieux
C’est peut-être là que se trouve la réponse.
Il ne s’agit pas de refuser le progrès.
Il ne s’agit pas non plus d’affirmer que tout était mieux avant.
Il s’agit de comprendre que tout changement n’est pas nécessairement une évolution dans tous les domaines de notre existence.
Nous avons gagné énormément de choses.
Mais nous devons rester attentifs à ce que nous risquons de perdre en chemin.
La présence.
La simplicité.
La politesse.
La chaleur humaine.
Le temps donné gratuitement.
Les conversations qui ne servent à rien d’autre qu’à être ensemble.
Et surtout cette capacité extraordinaire à apprécier une journée ordinaire.
Si vous avez parfois l’impression de ne plus reconnaître ce monde, ne cherchez pas uniquement comment mieux vous y adapter.
Demandez-vous également :
« Quelle petite partie du monde que j’aime puis-je recréer autour de moi ? »
Invitez quelqu’un à boire un café.
Posez votre téléphone.
Dites bonjour.
Prenez des nouvelles.
Écoutez véritablement une personne.
Regardez le ciel cinq minutes sans prendre de photo.
Parce que nous ne pouvons pas ralentir toute une époque.
Mais nous pouvons décider qu’elle ne nous volera pas notre capacité à vivre.
Article écrit par Iolanda – Médium Allolesanges
Si cet article vous a parlé, partagez-le à vos proches. Peut-être qu’une personne de votre entourage ressent exactement ce décalage sans parvenir à mettre des mots dessus.
Parfois, comprendre que nous sommes nombreux à ressentir la même chose permet déjà de se sentir moins seul.
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