Il est là. Puis il disparaît.
Un jour, cette personne est tendre, présente, attentionnée. Elle vous parle, vous cherche, vous donne l’impression que quelque chose de profond existe entre vous.
Puis, sans que vous compreniez vraiment pourquoi, tout change.
Les messages deviennent rares. Les réponses arrivent des heures ou des jours plus tard. La personne garde ses distances, évite les discussions importantes, ne se positionne pas clairement et semble incapable de prendre sa part de responsabilité émotionnelle dans la relation.
Vous souffrez. Vous essayez de comprendre. Vous vous promettez parfois de ne plus attendre.
Et puis elle revient.
Un message. Un appel. Une attention. Quelques paroles rassurantes.
Et l’espoir renaît.
Alors une question finit par s’imposer :
Pourquoi un être humain peut-il accepter aussi longtemps une relation qui lui apporte autant d’incertitude et de souffrance ?
Et surtout :
Une personne qui souffle le chaud et le froid vous aime-t-elle réellement ?
La réponse mérite d’aller beaucoup plus loin qu’un simple oui ou non.
Le véritable piège : ce n’est pas seulement le froid, c’est le retour du chaud
Lorsqu’une personne ne donne absolument rien, la réalité finit généralement par devenir évidente.
Mais lorsque cette personne alterne présence et absence, proximité et distance, tendresse et silence, la situation devient beaucoup plus difficile émotionnellement.
Parce qu’après avoir souffert de son absence, son retour procure un immense soulagement.
Et ce soulagement peut être confondu avec de l’amour.
On ne ressent plus simplement :
« Je suis heureux(se) qu’il/elle soit là. »
On ressent :
« Enfin ! Je ne l’ai pas perdu(e). »
Et cette alternance peut enfermer progressivement dans un cycle :
Attendre → souffrir → espérer → recevoir un signe → être soulagé(e) → recommencer à espérer → être à nouveau déçu(e).
On finit parfois par ne plus vivre véritablement une relation.
On vit dans l’attente des moments où la relation redevient belle.
« Pourtant, quand nous sommes ensemble, c’est extraordinaire… »
C’est précisément ce qui rend certaines relations si difficiles à quitter.
Il peut réellement exister des moments magnifiques.
Une complicité incroyable. Une attirance très forte. Des discussions profondes. Une tendresse sincère. Une connexion qui semble différente de toutes les autres.
Mais une relation ne doit pas être évaluée uniquement à travers ses meilleurs moments.
La véritable question est :
Comment cette personne vous traite-t-elle entre ces moments ?
Est-elle constante ?
Est-elle présente ?
Peut-elle communiquer lorsqu’un problème apparaît ?
Peut-elle entendre votre souffrance sans disparaître ?
Assume-t-elle ses paroles ?
Ses actes correspondent-ils à ce qu’elle vous promet ?
Car il existe une différence immense entre vivre de très beaux moments avec quelqu’un et construire une relation avec quelqu’un.
Mais alors… une personne qui fuit vous aime-t-elle réellement ?
C’est probablement la question la plus douloureuse :
« S’il/elle m’aime, pourquoi me fait-il/elle vivre cela ? »
La réponse est complexe.
Oui, quelqu’un peut aimer et pourtant fuir.
Certaines personnes ressentent de véritables sentiments mais supportent difficilement l’intimité émotionnelle.
Lorsqu’elles sentent qu’une relation devient profonde, quelque chose se déclenche en elles : peur de souffrir, peur d’être abandonnées, peur de perdre leur liberté, peur de dépendre de quelqu’un ou simplement incapacité à gérer leurs propres émotions.
Elles peuvent alors fonctionner ainsi :
Je te cherche.
Je te trouve.
Je m’attache.
J’ai peur.
Je m’éloigne.
Tu t’éloignes à ton tour.
Tu me manques.
Je reviens.
Pour celui ou celle qui se trouve en face, c’est épuisant.
Mais il faut retenir une distinction fondamentale :
Aimer quelqu’un et savoir construire une relation saine avec cette personne sont deux capacités différentes.
On peut aimer et être émotionnellement immature.
On peut aimer et avoir peur.
On peut aimer et être incapable de communiquer correctement.
On peut aimer et ne pas savoir s’engager.
On peut malheureusement aimer quelqu’un tout en lui faisant beaucoup de mal.
Mais parfois, ce n’est pas de l’amour
Il faut également avoir le courage d’envisager cette possibilité.
Ce que l’autre ressent peut être de l’attachement.
De l’habitude.
Une attirance.
La peur d’être seul.
Le besoin de savoir que vous êtes toujours là.
Le besoin d’être rassuré sur son pouvoir de séduction.
Le confort de pouvoir revenir vers quelqu’un qui l’accueille.
Ou simplement le manque qui apparaît lorsque vous commencez enfin à prendre vos distances.
Et toutes ces émotions peuvent parfois ressembler énormément à l’amour.
C’est pourquoi il ne faut pas seulement regarder ce que quelqu’un dit ressentir.
Regardez ce qu’il fait de ce sentiment.
Le meilleur indicateur n’est pas son retour. C’est ce qu’il fait après son retour.
C’est essentiel.
Quelqu’un revient.
Il vous dit que vous lui avez manqué.
Il redevient attentionné.
Il vous rassure.
Vous pensez :
« Cette fois, il/elle a compris. »
Mais que se passe-t-il ensuite ?
Si, une fois rassurée sur votre présence, cette personne recommence exactement à disparaître, à ne plus répondre, à éviter les conversations et à vous laisser dans l’incertitude, son retour n’a pas réglé le problème.
Revenir lorsque quelqu’un vous manque n’est pas la même chose que décider de construire avec lui.
Une personne peut avoir peur et néanmoins essayer d’évoluer.
Elle peut reconnaître :
« Je sais que mon comportement te fait souffrir. Je veux essayer de faire autrement. »
Puis elle agit.
Pas parfaitement.
Mais progressivement.
Elle communique davantage. Elle assume. Elle fait des efforts même lorsqu’elle ne risque pas immédiatement de vous perdre.
C’est cela qu’il faut observer.
Pourquoi accepte-t-on ce que l’on aurait autrefois juré de ne jamais accepter ?
Parce que ce n’est généralement pas arrivé du jour au lendemain.
Personne ne se réveille un matin en décidant :
« À partir d’aujourd’hui, je vais accepter d’être ignoré(e), attendre des messages et souffrir pour quelques instants d’attention. »
Les limites reculent progressivement.
On pardonne une première absence.
Puis une deuxième.
On trouve des explications.
« Il/elle traverse une période difficile. »
« Il/elle a peur. »
« Il/elle a beaucoup souffert auparavant. »
« Je dois lui laisser du temps. »
Et parfois, toutes ces explications sont vraies.
Mais au fil du temps, on peut finir par comprendre tellement l’autre que l’on ne s’écoute plus soi-même.
Comprendre quelqu’un ne vous oblige pas à tout accepter
C’est une distinction fondamentale.
Une personne fuyante peut avoir des blessures profondes.
Elle peut avoir connu l’abandon, la trahison, une enfance émotionnellement instable ou des relations destructrices.
Elle peut avoir appris à se protéger en prenant ses distances dès qu’elle ressent quelque chose de trop intense.
Comprendre cela permet d’avoir de la compassion.
Mais la compassion ne signifie pas l’acceptation sans limites.
Les blessures d’une personne peuvent expliquer certains comportements.
Elles ne justifient pas qu’une autre personne vive indéfiniment dans la souffrance.
Et surtout :
Vous ne pouvez pas guérir quelqu’un à sa place.
Vous pouvez aimer.
Encourager.
Soutenir.
Écouter.
Mais la personne doit elle-même reconnaître ses comportements et décider de travailler dessus.
Le piège spirituel : croire que toute relation intense est forcément destinée à durer
Lorsqu’une relation semble extraordinaire, certaines personnes cherchent naturellement une explication spirituelle.
« Est-ce mon âme sœur ? »
« Est-ce une relation karmique ? »
« Pourquoi l’Univers a-t-il placé cette personne sur mon chemin ? »
Une rencontre peut effectivement bouleverser profondément une vie.
Mais une relation importante n’est pas nécessairement une relation qui doit durer éternellement.
Certaines personnes nous apprennent à aimer.
D’autres nous apprennent à pardonner.
Certaines réveillent nos blessures.
Et d’autres nous enseignent peut-être une leçon extrêmement difficile :
cesser de nous abandonner nous-mêmes par peur que quelqu’un d’autre nous abandonne.
Peut-être que certaines rencontres ne sont pas là pour nous apprendre à retenir quelqu’un.
Peut-être qu’elles sont là pour nous apprendre à nous retrouver.
Posez-vous cette question : elle peut tout changer
Imaginez que cette personne ne change absolument jamais.
Pas dans six mois.
Pas l’année prochaine.
Jamais.
Accepteriez-vous de vivre exactement cette relation pendant encore trois ans ?
Avec les mêmes silences.
Les mêmes disparitions.
Les mêmes retours.
Les mêmes promesses.
Les mêmes attentes.
Les mêmes doutes.
Si votre réponse intérieure est immédiatement « non », écoutez-la.
Car nous tombons parfois amoureux non seulement d’une personne, mais également de son potentiel.
De ce qu’elle pourrait devenir.
De ce que la relation pourrait être « si seulement… »
Mais votre vie se déroule maintenant.
Pas dans le potentiel de quelqu’un.
L’intensité n’est pas toujours la preuve d’un grand amour
Une relation peut provoquer des papillons, des nuits blanches, une attirance extraordinaire et une sensation presque inexplicable de connexion…
et pourtant être profondément insécurisante.
À l’inverse, une relation saine peut parfois sembler moins vertigineuse parce que votre cerveau n’est pas continuellement occupé à se demander :
« Pourquoi ne répond-il pas ? »
« Est-ce que j’ai fait quelque chose ? »
« Est-ce qu’il m’aime toujours ? »
« Va-t-il revenir ? »
La paix n’est pas l’ennemie de l’amour.
La sécurité émotionnelle n’est pas de l’ennui.
Comment commencer à aller mieux ?
Commencez par regarder les faits plutôt que les promesses.
Pendant quelque temps, observez réellement la relation.
Pas seulement ses plus beaux moments.
Regardez sa globalité.
Demandez-vous :
Cette relation m’apporte-t-elle davantage de paix ou davantage d’angoisse ?
Puis-je exprimer mes besoins sans craindre que l’autre disparaisse ?
Est-ce que je reçois réellement quelque chose ou est-ce que je vis principalement dans l’attente ?
Est-ce que j’aime cette personne telle qu’elle est aujourd’hui ou ce que j’espère qu’elle deviendra ?
Combien de fois ai-je diminué mes besoins pour éviter de la perdre ?
Et surtout :
Suis-je encore heureux(se) dans cette relation, ou suis-je simplement heureux(se) chaque fois que ma souffrance s’arrête momentanément ?
Cette dernière question peut être bouleversante.
Une limite n’est pas une punition
Poser une limite ne signifie pas :
« Tu dois changer pour moi. »
Cela signifie :
« Je respecte ce que tu es aujourd’hui, mais je respecte également ce dont j’ai besoin pour être bien. »
Vous ne contrôlez pas l’autre.
Vous ne pouvez pas l’obliger à répondre.
À communiquer.
À s’engager.
À évoluer.
Mais vous pouvez décider de ce que vous acceptez dans votre vie.
Et si vous aimez encore cette personne ?
Vous n’êtes pas obligé(e) de transformer l’amour en haine pour réussir à prendre vos distances.
Vous pouvez aimer quelqu’un et reconnaître qu’il ne sait pas construire avec vous.
Vous pouvez comprendre ses blessures et refuser d’en subir continuellement les conséquences.
Vous pouvez souhaiter sincèrement son bonheur et décider de protéger le vôtre.
Et vous pouvez arriver à cette phrase :
« Peut-être que tu m’aimes à ta manière. Mais ta manière de m’aimer me fait trop souffrir pour que cette relation continue à me convenir. »
Ce n’est pas nier l’amour.
C’est remettre votre propre personne dans l’équation.
Et pour les proches : ne jugez pas celui ou celle qui reste
Si vous lisez cet article parce qu’un ami, une sœur, un frère, un enfant ou quelqu’un que vous aimez vit ce genre de relation, essayez de comprendre avant de juger.
De l’extérieur, tout paraît parfois évident.
Vous pouvez avoir envie de dire :
« Mais quitte-le ! »
« Pourquoi acceptes-tu ça ? »
« Moi, jamais je ne supporterais une chose pareille ! »
Mais la personne qui reste sait souvent déjà qu’elle souffre.
Elle n’a pas nécessairement besoin qu’on lui rappelle qu’elle devrait partir.
Et surtout, elle souffre probablement déjà suffisamment sans devoir également avoir honte de ne pas réussir à partir.
Ne la rabaissez pas.
Ne lui dites pas qu’elle est faible.
Ne lui faites pas sentir qu’elle est stupide.
Vous ne connaissez pas toute la bataille qui se déroule à l’intérieur d’elle.
Écoutez-la.
Rappelez-lui sa valeur.
Soyez présent sans devenir complice de ce qui la détruit.
Vous pouvez lui dire avec douceur ce que vous observez, sans lui retirer son libre arbitre.
Parfois, une personne ne quitte pas une relation difficile le jour où tout son entourage lui dit de partir.
Elle la quitte le jour où quelque chose devient suffisamment clair à l’intérieur d’elle.
Alors, en attendant qu’elle retrouve cette force, soyez si possible un endroit où elle peut parler sans être humiliée.
On aide rarement quelqu’un à retrouver sa dignité en le faisant culpabiliser de l’avoir momentanément oubliée.
Le message Allolesanges
Peut-être que la question n’est plus seulement :
« Pourquoi cette personne me fuit-elle ? »
Mais :
« Pourquoi suis-je prêt(e) à courir aussi longtemps derrière quelqu’un qui me fuit ? »
Cette question n’est pas là pour vous culpabiliser.
Elle est là pour vous rendre quelque chose : votre pouvoir de décision.
Vous ne pourrez jamais contrôler complètement la capacité d’une autre personne à aimer, à communiquer ou à s’engager.
Mais vous pouvez apprendre à ne plus négocier votre valeur pour recevoir quelques instants de présence.
Et surtout, ne demandez plus uniquement :
« Est-ce qu’il/elle m’aime ? »
Demandez-vous également :
« Est-ce que sa manière de m’aimer me permet d’être heureux(se) ? »
Car une personne peut avoir des sentiments sincères et malgré tout ne pas être capable, aujourd’hui, de vous offrir la relation dont vous avez besoin.
L’amour véritable ne signifie pas que tout sera toujours facile.
Il existe des disputes, des périodes compliquées, des maladresses et des blessures.
Mais il existe une immense différence entre traverser les difficultés à deux et passer sa vie à essayer de convaincre quelqu’un de traverser la relation avec vous.
Vous méritez une relation dans laquelle vous pouvez aimer sans constamment deviner.
Une relation dans laquelle les paroles et les actes finissent par se rejoindre.
Une relation dans laquelle votre cœur peut battre très fort…
sans devoir continuellement se battre pour avoir une place.
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Peut-être connaissez-vous une personne qui vit actuellement cette situation sans parvenir à mettre des mots sur ce qu’elle ressent.
Et si l’un de vos proches accepte encore une relation qui vous semble incompréhensible, essayez de le comprendre avant de le juger.
Il souffre probablement déjà beaucoup.
Votre présence, votre écoute et quelques paroles bienveillantes peuvent parfois l’aider davantage qu’un jugement supplémentaire.
Partageons aussi ce qui peut aider quelqu’un à ouvrir les yeux, à se comprendre et, progressivement, à retrouver sa paix.
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Article écrit par Iolanda Médium – Allolesanges.
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